Le Blog de Charles Kabuya

UN INSOUTENABLE SENTIMENT DE PARTIALITE JUDICIAIRE…

 

 

La tragédie vécue par la Côte d’Ivoire vient d’entrer dans un épilogue douloureux avec le déferrement de l’ancien président Laurent Gbagbo à la Cour pénale internationale (CPI)

 

Que la communauté internationale se soit invitée dans la crise ivoirienne, cela a été jugé nécessaire pour conjurer les démons ivoiriens
; Que la France, « tutrice » de ce pays, soit entrée en jeu dès le début de la crise en septembre 2002 et supervisé par après les accords de Marcoussis, cela a été jugé efficace tant la classe politique ivoirienne semblait profondément antagoniste ;  

Qu’après l’élection controversée d’Alassane Ouattara, l’intervention « postcoloniale » et traumatisante de la France ait permis de mettre
fin aux violences fratricides, cela a été presque vécu par certains comme un « mal nécessaire » ;

Que la justice se penche sur le sort des milliers de victimes ivoiriennes pour que les responsables rendent des comptes, cela est
une exigence impérieuse de la démocratie.

 

Mais que dire lorsque seul Gbagbo est incriminé par la
justice internationale ?

Que dire lorsque les dirigeants rebelles, aujourd’hui au pouvoir, et qui sont responsables d’horribles exactions, jouissent de toute la considération des « bien-pensants » ?

Que penser lorsqu’on voit les images du redoutable procureur Moreno-Ocampo en train de rire à gorge déployée avec M. Ouattara, alors que le palmarès macabre des troupes loyales à ce dernier est affiché par des organisations des droits de l’homme ?

Pour moins que ça Jean-Pierre Bemba croupit dans les geôles de la CPI par la grâce de ce même Moreno-Ocampo.

 

LA CPI, MACHINE JUDICIAIRE IMPLACABLE OU « MACHIN » ?

 

La CPI serait-elle sélective dans le choix de ses « proies » potentielles et de « bonnes victimes » ? Si ce n’est pas le cas, alors quid des victimes des troupes de monsieur Ouattara et de son premier ministre et chef de guerre Guillaume Soro ?

Quid des victimes des troupes françaises qui en novembre 2004 tirèrent à balles réelles sur la foule amassée devant l’hôtel Ivoire à Abidjan ? Y aurait-il de bonnes victimes pour la CPI et d’autres ne valant pas la peine ?

 

L’Afrique est devenue un vivier privilégié de « clients » pour la CPI, mais force est de constater que curieusement les personnes
incriminées par la CPI sont généralement les mêmes qui sont en rupture avec les pays occidentaux. Manifestement, lorsqu’on est bon élève un voile pudique est jeté les exactions dont on peut être coupable.

Par exemple, personne n’évoque la répression qu’il y a eu à Bahreïn il y a à peine quelques mois, au début du printemps arabe. Ou encore le Qatar, l’autre pays qui s’illustre dans la répression féroce et dont l’indice des libertés est très faible.

 

Sans vouloir entrer dans le juridisme pour juger du bien-fondé de toutes les actions de la CPI et du contexte légal dans lequel elle intervient, il est clair que son action est salutaire là où les justices nationales n’apportent pas des garanties suffisantes d’équité aux victimes. Son
action fait avancer le droit transnational en matière de crimes contre l’humanité et autres violations des droits humains.

Mais ses actions en mode sélectif lui donnent
l’apparence d’un instrument au service des puissances occidentales dominantes, agissant en conformité avec leurs objectifs et ne frappant que là où leurs intérêts l’exigent.

 

Cela donne ce sentiment de partialité implacable, de justice sélective… Un sentiment insoutenable lorsqu’on est du mauvais versant…   



02/12/2011
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