Le Blog de Charles Kabuya

POURQUOI ON NE DOIT PAS RÉCOMPENSER PAUL KAGAME…

 

 « The Oxford Business Network for Africa » une émanation de la célèbre université britannique d’Oxford a prévu de récompenser le président rwandais P. Kagame du prix « African Growth » qui sanctionne une politique de développement exceptionnelle. Or en la matière tous les experts ne sont pas d'accord sur la bonne gouvernance économique du Rwanda. En effet, plusieurs rapports ont mis en évidence les carences flagrantes de la gouvernance rwandaise et éventré le mythe Kagame qui n'est qu'un autocrate.

 

Malgré les apparences et la bonne presse que le pouvoir rwandais a auprès d’une certaine opinion occidentale, l’envers du décor au Rwanda révèle beaucoup de problèmes de gouvernance (népotisme, détournement de fonds, corruption etc.) Ces rapports soulignent le fait qu’une oligarchie FPR (proche du pouvoir et ethniquement monocolore) profite largement de la situation pour s’enrichir au détriment du reste de la population. Ils soulignent également les inégalités de développement selon les régions d’un si petit pays, c’est notamment le cas des campagnes qui sont défavorisées par rapport aux villes. D’ailleurs, il est interdit aux étrangers d’aller dans certaines contrées sans autorisation et sans « guide » officiel… Il est également prouvé que le pouvoir rwandais détourne l’aide économique et militaire qu’il reçoit des occidentaux à des fins d’aventurisme militaro-économique en RDC, faisant ainsi des pays donateurs des complices indirects de la déstabilisation et des violations des droits de l’homme commises chez son voisin. A tout cela il faut ajouter le manque de libertés publiques et les délits d’opinion qui sont gravement réprimés au Rwanda. Plusieurs journalistes ont été emprisonnés ou assassinés, tandis que les opposants politiques sont traqués, intimidés, emprisonnés ou assassinés également. C’est ainsi qu’il a pu être réélu avec le score brejnévien de 95% sans que cela n’offusque le moins du monde la presse occidentale…

 

Aujourd’hui la réalité du Rwanda de Kagame apparaît au grand jour : c’est un «VILLAGE POTEMKINE »

 

Mais il y a encore plus grave en ce qui concerne cet homme. Il est incontestable que les malheurs récents de la RDC ont débuté avec l'arrivée au pouvoir de Kagame en 1994, qui fut concomitante avec celle des millions de réfugiés hutus rwandais fuyant la vengeance du FPR après le génocide au Rwanda :

 

Sur le plan politique, il externalise et "sous-traite" les problèmes internes rwandais sur le sol congolais en instrumentalisant les groupes armés sous le prétexte de combattre les extrémistes hutus réfugiés au Congo. C’est lui qui a favorisé la création du mouvement rebelle RCD pour combattre le pouvoir de Laurent-Désiré Kabila. Plus récemment il a soutenu les groupes armés communautaristes du CNDP et du M23. Son action malveillante est à la base de la prolifération des groupes armés d’auto-défense communautaires qui ont ensanglanté la région. Avant son incursion dans l’espace vital congolais, les communautés ne connaissaient pas d’antagonismes profonds et les pays des Grands-Lacs vivaient en paix et en harmonie.

 

Au Zaïre de Mobutu par exemple, les citoyens rwandophones  étaient bien intégrés, au point d’occuper  les plus hautes fonctions politiques et administratives. Certains ont même été régulièrement élus députés, à l’instar de Rwakabuba Shinga à Bukavu, une ville où pourtant les rwandophones sont très minoritaires. C’est dire qu’il y avait intégration et une certaine harmonie entre les communautés. Aujourd’hui on ne peut que déplorer cette harmonie brisée depuis que l’actuel pouvoir rwandais s’est invité au Congo au nom de ses intérêts propres, et au mépris de ceux des populations congolaises.

 

Sur le plan économique, Kagame a fait du territoire de l’est de la RDC un « hinterland » ou zone d’attraction économique dans laquelle les désordres liés à la guerre lui permettent de piller les richesses naturelles du pays. Là aussi les rapports des experts ont mis en évidence les circuits de prédation mis en place au profit de certains intérêts liés au pouvoir rwandais. Ces pillages organisés ont fait perdre à la RDC des ressources inestimables et ont fait de la région un « far west », ce qui a engendré un cycle de malheurs pour les populations qui se trouvent livrées aux exactions des prédateurs  en bandes armées qui n’hésitent pas à tuer, brûler les villages, violer les femmes et embrigader de force des enfants.

 

Une des caractéristiques frappante de Kagame, c’est que pour une raison qu’on ignore, il n’a pas une attitude « africaine », c’est-à-dire franche et conviviale, avec son voisin, le Congo. Lui et sa clique n’ont à la bouche qu’un discours antagoniste, souvent hautain et méprisant sur leur voisin, qui pourtant ne lui cherche pas noise. Une attitude qui rappelle celle des colons, à une époque révolue. Aujourd’hui la RDC a le droit de bâtir son futur, d’engager son développement sans qu’elle ait à souffrir des ingérences malveillantes de son voisin. Avant l’arrivée de Kagame les peuples congolais et rwandais avaient toujours vécu en pleine harmonie.

 

Jusqu’à présent Kagame a bénéficié d’un « blanc seing » accordé par ses soutiens occidentaux. Ces derniers ont toujours fermé les yeux sur ses agissements. Et malgré les rapports de leurs services de renseignement qui n’ignorent rien, ils ont toujours mis un mouchoir sur les crimes abominables qui lui sont attribués et se sont toujours bouché le nez devant les choses nauséabondes dont ont l’accuse. L’arrogance et la suffisance du personnage sont dues aux soutiens inconditionnels dont il bénéficie, ce qui lui a permis de bâtir une armée efficace qui sert ses objectifs déstabilisateurs. Tout le monde sait qu’avant de recevoir les soutiens occidentaux son mouvement rebelle n’avait jamais gagné de bataille décisive. L’armée zaïroise avait même réussi à le contenir et à lui infliger des défaites durant des années à l’époque où le Zaïre et son président avaient la préférence occidentale.

 

Aujourd’hui, à l’instar de certaines autres institutions occidentales (pourtant honorables), l’université d’Oxford, à travers l’institution « The Oxford Business Network for Africa », a prévu de l’honorer ce 18 mai 2013.

 

IL FAUT QUE CELA CESSE, LE RECOMPENSER C’EST FAIRE UN PIED DE NEZ AUX MILLIONS DE MORTS, VICTIMES DE SA POLITIQUE PREDATRICE, ET UN BRAS D’HONNEUR AUX POPULATIONS VICTIMES DES MALHEURS QU’IL A CAUSES



13/05/2013
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