Le Blog de Charles Kabuya

LE DERNIER APÔTRE...

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Ils furent treize au départ. Les treize parlementaires qui déclenchèrent courageusement la fronde qui aboutira quelques années plus tard à la déliquescence du pouvoir autocratique de la deuxième république.

 

Des treize il est le seul à être resté constant dans ses convictions et son combat pour la démocratie au Congo. Par sa résistance, symbolisée par cette image, il a démythifié la dictature et redonné la parole au peuple. Au début des années 80, presque tous ceux qui aspiraient à la démocratie dans notre pays ont été soit militants, soit sympathisants de l'Udps. Je me souviens qu'en 1981 alors que je venais d'avoir mon bac et de m'inscrire en 1ère année de droit à l'université de Kinshasa, une révolte des étudiants avait éclaté sur fond de soutien aux treize parlementaires frondeurs. J'ai jeté des pierres sur les bus Sotraz aux côtés d'un fils Tshisekedi (je ne pense pas que ce soit Félix Tshisekedi). L'acte courageux d'Étienne Tshisekedi et de ses compagnons était perçu par la jeunesse comme une bouffée d'air politique, une libération dans l'atmosphère étouffante du Zaïre de Mobutu.

Malgré les vicissitudes de la politique, les controverses sur la stratégie politique, les désaffections et compromissions de certains compagnons, il est resté droit dans ses bottes. D'où son aura extraordinaire et son exemplarité qui inspire encore la jeunesse aujourd'hui. Nul n'étant parfait, on lui a parfois reproché le solde de certains comptes du passé, mais son exemplarité dans la constance des convictions doit demeurer notre plus grand héritage de ce grand homme, dans un pays où le manque de probité de la classe politique confine à la prostitution.

 

Etienne Tshisekedi est parti au terme d'une vie politique riche d'enseignements. Le peuple congolais doit en tirer les leçons et mûrir. Il ne doit pas continuer à se laisser bercer par une figure tutélaire auprès de laquelle il remet son destin. C'était un etre humain, il devait tirer sa révérence un jour. Son décès ne devrait pas donner lieu à des comportements chaotiques, comme des troupes déboussolées par la perte d'un leader. Faisons des enseignements de sa vie engagée mais pacifique une référence en politique.

La classe politique congolaise doit se projeter dans une dynamique du renouvellement. La très longue carrière de papa Étienne Tshisekedi indique à quel point nous n'avons pas su apporter du sang neuf dans la sociologie de notre espace politique. C'est comme si la génération du général de Gaulle était toujours à la tête de l'opposition en France.

Etienne Tshisekedi est un véritable un apôtre de la démocratie dans notre pays. Au cours de sa lutte rien ne lui a été épargné. Cette lutte, il l'a aussi vécue dans sa chair: emprisonnements, tortures, relégations etc... ne l'ont pas fait fléchir. C'est pourquoi sa détermination et son enseignement doivent continuer à inspirer les futures générations.

 

Rendons lui l'hommage déférent qu'il mérite (loin des mauvaises polémiques d'inspiration crypto-tribale), sur la place des grands hommes de notre pays...



02/02/2017
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