Le Blog de Charles Kabuya

LA DIASPORA CONGOLAISE OU LE LABORATOIRE DE L'APOCALYPSE

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C'est délibérément que j'ai choisi l'image d'un miroir déformant pour illustrer ce propos.


Oui, la diaspora congolaise est un miroir déformant. Aujourd'hui lorsque le congolais vivant au pays se regarde à travers la diaspora, c'est une image passablement  déformée de lui-même qui lui est renvoyée. Une image qui au départ était plus ou moins caricaturale, mais qui au fil du temps est progressivement devenue monstrueuse. Une image dans laquelle il ne se reconnait plus vraiment, mais qui, grâce à la viralité insidieuse des réseaux, menace de quitter l'univers virtuel pour devenir une réalité menaçante.

 

Pour prendre un exemple, alors que la plupart des mariages qui se contractent dans une ville comme Kinshasa sont inter-ethniques, et que la nombreuse progéniture qui en découle est ethniquement hybride, les groupes d'activistes politiques de notre diaspora en sont aux prémices des affrontements ethniques pour des raisons politiques. Ceci alors que, contrairement à beaucoup de ses voisins, notre pays n'a jamais connu de guerres ethniques au niveau national, mais seulement quelques conflits résiduels localisés. Si cela n'est pas un recul, il n'y a pas d'autre mot...

 

Alors que les hommes et les femmes de partout au Congo aspirent à une ère de paix, de démocratie et de liberté, et qu'ils sont engagés dans un combat politique déterminé pour une alternance apaisée, les groupes politiques de la diaspora ne jurent que par la haine, la violence et l'intolérance. En leur sein point de démocratie ni de débat, seule règne la pensée unique oppressante . A cela s'ajoutent l'autisme et la paranoïa des uns et des autres, ainsi que l'incivilité, qui ont fini par créer un climat délétère et défaire notre réputation à l'étranger.

 

À cause de certains comportements nous passons pour un peuple complètement crétinisé, haineux et xénophobe aux yeux de nombreux africains, même s'ils ne nous le disent pas ouvertement.

 

Alors que notre pays se trouve au milieu du gué sur le chemin tortueux du développement et qu'il a besoin de toutes nos intelligences unies, de toutes les forces de nos bras rassemblées, les ambitions et les rivalités minent les groupes d'activistes la diaspora. Par ailleurs, l’incompétence, l'illettrisme et l’obscurantisme y sont devenues des caractéristiques banales. Sans parler de l’oisiveté et parfois la jalousie qui consistent à agresser lâchement ceux qui leur déplaisent (artistes, adversaires politiques ou hommes d'églises). Ceci est d'autant plus affligeant qu'on voit des intellectuels faire abstraction de leurs cerveaux pour justifier tous ces actes ou se subordonner lâchement à des individus souvent plus ineptes qu'eux. Et que dire de ces hommes politiques congolais de passage en Europe qui s'acoquinent complaisamment avec ces groupuscules d'opérette, championnes de l'intolérance, parfois dans des mises en scène frisant le ridicule?

 

Pour que notre pays avance, il faut préserver notre jeunesse de ces dérives qui s'insinuent par les réseaux sociaux, qui sont à la fois leurs vecteurs et leurs raisons d'être (sans ces réseaux tout cela ferait Pschitt!). Ces comportements outranciers n'ont pas de place dans un pays qui veut bâtir un avenir radieux pour ses enfants.


Il faut que notre jeunesse se débarrasse de ce complexe qui lui fait croire que du fait qu'un individu vit en occident, il est nécessairement plus avisé et plus important que lui. Le pouvoir d'achat plus conséquent de celui qui vit en occident ne doit pas se transformer en pouvoir politique, ou en instrument servant à diriger les consciences.

 

Aujourd'hui beaucoup d'acteurs de la diaspora ont des postures qui portent la marque d'une dangereuse dérive négative dont notre pays doit faire l'économie. Leur microcosme est comme un laboratoire "in vivo" permettant d'expérimenter l'apocalypse qui nous guette si nous n'en prenons pas conscience. Divisionnisme, tribalisme, appel au lynchage et au meurtre des adversaires, insultes racistes et xénophobes etc. sont devenus des leitmotiv politiques dans la diaspora congolaise. 

 

Alors que nous devrions attendre de ceux qui vivent dans les grandes démocraties occidentales une meilleure exemplarité, la diaspora apparaît en retard, en décalage sur le pays réel. Et sur bien de points leurs actes représentent un net recul sur le chemin de la démocratie, de la paix et de l'unité nationale. Les scenarii qu'ils laissent entrevoir peuvent nous conduire à une catastrophe nationale si on ne prend pas garde à temps.



04/07/2015
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