Le Blog de Charles Kabuya

BREF RESUME DE LA TROISIEME PARTIE DU LIVRE QUI TRAITE DES PERSPECTIVES D’AVENIR DE LA RDC

RESUME DE LA TROISIEME PARTIE DU LIVRE QUI TRAITE DES PERSPECTIVES D’AVENIR DE LA RDC

(La 1ère partie traite de la colonisation, elle revient sur l’arrivée des européens au royaume Kongo et l’introduction de la traite négrière qui détruisit tous les royaumes de l’Afrique centrale ; elle traite ensuite de la colonisation féroce sous Léopold II et du système d’esclavage mis en place pour l’exploitation des richesses de la colonie ainsi que de la prise en main par la Belgique en 1908 qui mit en place une politique de ségrégation raciale qui devait déboucher sur l’impréparation des élites .  La 2ème partie traite du combat pour l’émancipation et du sacrifice des pères de notre indépendance. Elle traite également des années Mobutu qui ont été caractérisées par la confiscation de la démocratie et par un véritable gâchis des atouts du pays, malgré la proclamation de certains objectifs qui allaient dans le bon sens)

Les populations qui vivent sur ce territoire ont été sorties brutalement de leur histoire ancestrale pour connaître l’esclavage, puis la férocité de la colonisation sous Léopold II, l’infériorisation avec les colons belge, la tragédie de l’indépendance, les guerres, la dictature, la misère, l’occupation, les spoliations et les humiliations. Aujourd’hui, les congolais doivent comprendre que « tout n’est pas mieux dans le meilleur des mondes », que ce monde est régi par des rapports de force et qu’il faut lutter pour obtenir mieux que ce que l’on a. Pour cela, le travail reste la panacée contre le sous-développement : Il nous faut cultiver notre jardin de 2.345.000 km2.

Le grand défi à relever est celui du développement en RD Congo, qui est intimement lié au défi africain du développement. La situation de la RD Congo au cœur de l’Afrique en fait un espace incontournable dans la structuration économique de l’ensemble du continent. Son immense territoire, son importante population et ses fabuleuses ressources naturelles lui accordent le statut de géant potentiel.

Après les désastres qui ont amené à la régression du pays, la situation actuelle nécessite des actions macro-économiques efficaces de l’Etat, sa modernisation ainsi que des politiques pertinentes dans les domaines touchant à la souveraineté nationale, la santé, l’éducation, la justice, la sécurité… Ces domaines valorisent l’homme et le placent au cœur du développement. Evidemment, ces actions et ces politiques exigent que l’Etat s’engage au préalable dans des voies qui lui permettent de maximiser les  ressources du pays et d’assainir sa propre gestion.

La RD Congo est dans son état actuel tributaire de l’aide internationale pour boucler son budget et conduire des programmes de développement. Elle évolue pratiquement sous la «surveillance» des institutions financières internationales. Des modèles de gestion financière de l’Etat et de stratégie organisationnelle sont mis en application depuis quelques années.  L’envers de cette situation, c’est le risque pour les dirigeants du pays d’avoir peu de latitude pour prendre en compte d’une  manière appropriée les considérations d’ordre social. Cet état des choses peut compromettre la poursuite des Objectifs du millénaire pour le développement (OMD) mis en place par l’ONU en 2000 et auxquels la RD Congo a adhéré. Ces objectifs cadrent avec les attentes des populations congolaises comme s’ils étaient taillés sur mesure, car ils visent : la réduction de l’extrême pauvreté et la faim, l’éducation primaire pour tous, la promotion de l’égalité et l’autonomisation des femmes, la réduction de la mortalité infantile, l’amélioration de la santé maternelle, la lutte contre les maladies (VIH, paludisme etc.), la promotion d’un environnement humain durable et la mise en place d’un véritable partenariat pour le développement.

On n’épiloguera jamais assez sur les conditions et directives imposées par les institutions financières, principalement celles de Bretton Wood (le FMI et la Banque Mondiale). Les règles de rigueur et d’austérité sont le leitmotiv connu dans le cadre de leurs opérations de financement et de soutien aux programmes de développement. Dans ce contexte, il est impératif pour les gouvernants d’être à l’avant-garde et d’innover en matière de politiques de croissance, de manière à pouvoir obtenir un surcroît de ressources et d’être en mesure d’appliquer des stratégies qui intègrent un plus grand nombre d’indices de développement. Dans le secteur privé, la mise en place d’un cadre économique et juridique incitant à l’initiative privée et propice aux investissements, même les plus modestes, est un préalable nécessaire qu’il faut assurer par l’éradication de la corruption et des tracasseries administratives, fléaux qui sont devenus une culture en RD Congo. C’est le prix à payer pour favoriser un meilleur climat des affaires. Sur cet aspect, il est impératif que la RDC ne tergiverse pas sur son adhésion à l’OHADA (Organisation pour l’harmonisation en Afrique du droit des affaires), dont le traité a pour objectif de remédier à l’insécurité juridique et judiciaire existant dans bon nombre de pays africains. De cette manière, on pourra renforcer l’attractivité du marché congolais et la compétitivité des nos entreprises tout en modifiant l’image véhiculée couramment qui est celle d’un pays « à haut risque » pour les investisseurs.

Frantz Fanon disait que: « l’Afrique a la forme d’un revolver dont la gâchette est  placée au Congo ». Bien entendu, cet ami du Congo qui se situait dans la mouvance révolutionnaire africaine et qui a lutté pour l’indépendance du continent entrevoyait d’abord le rôle éminent que le Congo devrait jouer sur le plan politique. Le Congo en tant que catalyseur du sursaut politique africain ; le Congo dont les  fabuleuses richesses naturelles  serviraient à l’indépendance politique du continent dans le rapport des forces avec les puissances extérieures qui sont en quête des matières premières africaines. Aujourd’hui encore, ce noble vœu garde toute sa pertinence.

Cependant, au-delà des enjeux politiques du développement, il faut surtout souligner les enjeux économiques qui sont également en filigrane de la formule de Frantz Fanon : Le Congo gâchette économique de l’Afrique. On ne peut pas entrevoir de véritable espace économique africain sans que ce territoire soit infrastructuré et mis en valeur économiquement. Actuellement, il est impossible de joindre l’est ou l’ouest, le nord ou le sud de l’Afrique en traversant l’immense territoire du Congo, qui reste encore une terre en friche, sans voies de communications. A ce sujet, des projets intégrateurs comme celui de la transafricaine Mombassa-Lagos doivent être mis en perspective dans la planification du développement du pays.

 

La RD Congo est un pays considéré unanimement comme un scandale géologique. Ses ressources doivent pouvoir être réellement valorisées, et servir de pilier dans la définition d’une stratégie de développement plus complète, c’est-à-dire, menant le pays vers la diversification économique et industrielle, plutôt que de le maintenir dans une spécialisation de fournisseur de matières premières. La plupart de ses ressources  sont considérées comme stratégiques et elles font couramment l’objet d’une demande mondiale accrue. A côté de certaines ressources minérales rares, il y a la riche forêt équatoriale, les immenses terres arables et l’hydrographie exceptionnelle. Par son importance, ce potentiel place la RD Congo parmi les pays qui sont à la fois au cœur des enjeux du développement durable en Afrique et des enjeux de l’économie mondialisée à travers le marché des matières premières.

Au vu de tout cela, il est clair que la RD Congo est un protagoniste important du développement de l’Afrique. C’est pourquoi il faut prendre conscience du fait que ce pays est un atout pour le continent, et surtout prendre en compte cette réalité que la RD Congo est un vaste espace intégré dans une Afrique où les antagonismes divers constituent encore des handicaps au progrès. De ce point de vue, les objectifs intégrateurs du Nepad (Nouveau partenariat pour le développement de l’Afrique) font de la RD Congo un acteur incontournable de l’intégration africaine.

Aujourd’hui, ce pays fait toujours l’objet de plusieurs enjeux, alors que la région des Grands-Lacs n’en a pas encore fini avec les soubresauts. Sa démocratie est naissante et a besoin d’être soutenue, malgré ses péchés de jeunesse. En même temps, ses dirigeants doivent être capables de maintenir un cap constant vers la structuration administrative, économique et politique du pays, mais surtout ils doivent être aptes pour relever les nombreux défis liés à la paix et au développement.



18/03/2010
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